11/12/2004

Lu dans LE SOIR de ce samedi :

LESOIR

Résistance aux Bains

Une deuxième vie pour les bains de la Sauvenière. A côté d'un parcours étendu des Territoires de la mémoire, un espace sur la mémoire industrielle.

M néma (mémoire en grec) est le nom de l'ASBL créée pour porter le dossier de réaffectation des Bains de la Sauvenière. L'ancienne piscine, exemple unique d'architecture sportive « paquebot », construite par Dedoyard entre 1938 et 1942, est en effet à la fois désertée par le public (il faut 19 millions d'euros pour lui conférer le standard de sécurité actuel) et proche du classement patrimonial (du moins les façades, la verrière et la salle des bassins... sauf le fond des piscines). La semaine prochaine, bourgmestre et échevins vont proposer au conseil de confier l'avenir des thermes aux bons soins de l'ASBL pour une durée de 50 ans (bail emphytéotique). Derrière l'ASBL, on retrouve divers partenaires : l'ASBL Territoires de la mémoire, avant tout, mais aussi le centre d'action laïque (CAL), la mutualité socialiste (FMSS), la FGTB et Ethias (ex-Smap).

Globalement, le projet se divise en deux. Côté boulevard de la Sauvenière, ce sont les différents partenaires qui hériteraient d'espaces de bureau qu'ils exploiteraient « en corrélation avec le reste du projet ». Côté place Xavier Neujean, le projet lui-même qui vise à transposer en plus grand le parcours des Territoires de la mémoire (aujourd'hui à l'étroit pour accueillir 25.000 visiteurs par an) en développant la notion de centre d'éducation à la tolérance et à la résistance à l'ensemble du devoir de mémoire.

Une des premières illustrations de ce devoir concernera la mémoire des luttes sociales et des révolutions industrielles (dont la fermeture de la phase à chaud de Seraing par Arcelor forme une sorte de point ultime). Un deuxième espace sera donc consacré à la mémoire « entre galeries et forge... la solidarité ». Exposition, archives, centre de documentation sont au programme, tout comme la résurrection de la cafétéria l'Escale bleue au dernier étage (avec vue superbe sur le mont Saint-Martin), l'intégration des bassins dans le parcours des Territoires, la création d'une salle polyvalente de 300 places (8 mètres de haut) sous la surface du grand bassin, l'utilisation des 500 places des gradins de l'ex-bassin olympique pour diverses manifestations... Au total, environ 70 personnes devraient travailler sur place, dont 30 nouveaux emplois.

La facture totale est actuellement évaluée à 13,7 millions d'euros dont l'ASBL prendrait un tiers à sa charge. Mais tout dépendra notamment du traitement de l'amiante qui parsème le bâtiment. Et à condition que le projet ne fasse pas concurrence auprès des pouvoirs subsidiants à d'autres projets liégeois existants (l'Émulation et la rénovation de l'Opéra). L'ASBL dispose de... 7 ans pour débuter les travaux 

ÉRIC RENETTE - Le Soir du 10.12.2004, 06:00

11:38 Écrit par Rutabaga vous invite | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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